Critique – Sans Spoilers : House of Cards

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Des fois, on se rend compte qu’on aime vraiment trop certains sujets qui ne nous serviront jamais. Certains se passionnent de l’histoire des vikings, d’autres de différentes espèces de bibittes en Amérique du sud, moi c’est la politique américaine. Bon bien finalement, ça me sert pour une émission de Télé, House of cards.

L’histoire tourne autour d’un homme ambitieux du congrès américain, Frank Underwood, qui tente de monter dans les rangs de chefs d’états pour le parti démocrate. Commençant sa carrière de manière complètement loyale, il se fait rapidement trahir par ses collègues (selon ses standards) et décide de se venger contre ses anciens amis, mais en gardant des apparences solidaires.

Il usera donc de son talent d’orateur extraordinaire, de son intelligence exceptionnelle et des services d’une jeune journaliste ambitieuse pour faire dérailler son parti et ses membres. Son but : prendre leur place, un par un, afin de devenir un jour peut-être, le président. Et ce, au détriment de n’importe qui.

Bien oui, un autre antihéro!
Le scénario est une des grandes forces de House of Cards . Ce dernier est basé en grande partie sur son personnage principal, Francis Underwood. À l’image de Walter White (Breaking Bad), Dexter Morgan (duh, Dexter) ou Tony Soprano (The Sopranos), Underwood nous force à l’adorer et détester à la fois, comme tout bon antihéro. Il est intelligent, charmant, pragmatique, manipulateur et sait où il s’en va. Du moins, au début. Car oui, ça se complique. Et tant mieux.

Il faut comprendre qu’au départ, Underwood semble ambitieux, prêt à sortir des sentiers battus pour parvenir à ses fins. On admire sa ténacité malgré son manque de “fairness”. De toute façon, il s’est lui-même fait trahir de manière déloyale, donc on comprend parfaitement bien sa situation. Mais à un certain moment donné, on se rend compte qu’il va de plus en plus loin dans l’illégal, jusqu’à faire pencher la balance vers un côté très sombre. Ses plans deviennent extrêmement maquiavéliques. C’est là que comme téléspectateur, on commence à se sentir plus “cheap” de prendre pour lui. C’est ça, la grande force du show. Ah, et tout se fait très doucement, très progressivement. On y voit que du feu!

Comme tout bon politicien, il sait nous parler, directement à la caméra, d’une voix douce, afin de nous expliquer les étapes de son plan. J’ai d’ailleurs aimé cette approche où Underwood discute avec un collègue, prend une pause pour nous parler directement, et retourne par la suite à sa conversation. Ça fait penser un peu aux shows d’humours de style “Mockumentary” comme The Office, Parks and Recreation etc., sans l’aspect humoristique, bien sur.

Pour revenir aux personnages, sachez qu’il y a bien d’autres personnages intéressants. Par exemple, sa femme de longue date, Claire, apporte beaucoup à House of Cards. Non seulement elle supporte son mari de A à Z, mais s’occupe de lui et de ses caprices. Elle se tient en forme, est calme, et a aussi beaucoup de charisme. Elle dirige une œuvre de charité et sait comment réussir en affaires. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, que ce soit de la part de Francis ou quiconque. La relation entre elle et le personnage principal change à travers les saisons, mais la dynamique est très bien “showcasé” tout au long de la série. Je dirais même qu’à partir d’un certain temps, on apprécie plus Claire que Francis, ce qui en dit long. Je vais m’arrêter là pour ne pas vous gâcher la suite!

Claire et Frank ont, en apparence, une belle relation saine.

Claire et Frank ont, en apparence, une belle relation saine.

Sinon, j’ai bien apprécié d’autres personnages, notamment Doug Stamper, l’assistant d’Underwood. Ce dernier, visiblement 100% dédié au protagoniste, est prêt à tout pour lui. Il prend ses messages, organise ses déplacements et est disponible 24h sur 24. Il accompagnera par contre Underwood dans ses activités moins légales (cacher des preuves incriminantes, achat du silence, etc.), se mettant lui-même dans le trouble à quelques reprises. En fait, Underwood ne progresserait surement pas autant sans Stamper. Ce personnage a d’ailleurs un rôle important lors de la saison 3, ce que j’ai personnellement apprécié. Sinon, plusieurs autres personnages se greffent à l’émission à travers les saisons, mais sachez que tout le monde a son rôle et est utile. Que ce soit une journaliste, un politicien de bas niveau ou le président des États-Unis.

Si j’aime les personnages et leurs rôles, j’adore les acteurs qui les interprètent. Principalement Kevin Spacey, qui joue le rôle de Francis Underwood. Son style calme, analytique, avare de pouvoir est parfaitement interprété par l’acteur de Usual Suspects. En fait, il est sûrement la raison principale que ce show a si bien décollé. Par contre, je peux vous confirmer que Robin Wright (Claire) et Michael Kelly (Stamper) font aussi un excellent travail. Aussi, je veux donner une belle mention à Molly Parker, qui campe le rôle de Jackie Sharp, une politicienne qui fait son arrivée lors de la saison 2. Son rôle est assez complexe et elle sait très bien nous démontrer l’émotion du personnage.

Sinon, l’ambiance de l’émission est lente, sans grands moments d’actions. C’est une émission basée sur le scénario et ses personnages. Il faut comprendre aussi qu’il y a beaucoup de jeux politiques, ce qui n’est pas le truc le plus enlevant à la télé. Il y a certains moments que le scénario s’étire ou s’en va dans des directions qui ne sont pas nécessaires. Par exemple, il y a des relations entre personnages qui vont nulle part, pour beaucoup trop longtemps. Mais bon, il faut souvent enrober le produit pour avoir assez de contenu.

Aussi, dites-vous que vous apprendrez des bouts sur la politique américaine, ce qui n’est pas facile! Par contre, il y a des trous sur le fonctionnement de ce système, mais tsé, who cares.

En conclusion, je vous conseille fortement cette émission. Premièrement, Francis Underwood est un des personnages les plus intéressants à la télévision d’aujourd’hui. Il est complexe, déchiré. House of Cards a tous les outils pour accrocher n’importe quel fan de Kevin Spacey, d’émission politique ou même les amateurs d’émission de gangsters. D’ailleurs, je compare parfois ce show à Boardwalk Empire, sans les inombrables scènes de violence et de nudité que cette dernière a (c’est à HBO, ne l’oublions pas).

Points positifs :
-Scénario riche et plein de potentiel
-Excellent travail des acteurs
-Excellente musique et ambiance générale
-Chaque saison a ses forces
-La saison 2 est presque parfaite

Points négatifs :
-Plusieurs clichés
-Sans être des “fillers”, plusieurs épisodes ont des longueurs
-Plusieurs ont trouvé la saison 3 ordinaire. Pas moi, mais bon.

Réseau : Netflix

Ma note : 8 / 10

-JS

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